Brexit : Une volonté d’internationalisation des Royaume-Unis qui se fera avec ou sans l’Union Européenne

Hier à Londres, Theresa May, chef du gouvernement britannique depuis le 13 juillet 2016, s’est exprimée pour la première fois face à l’Angleterre et au monde entier, sur ses intentions et objectifs quant aux prochains accords signés avec l’Union Européenne.

Lors de ce discours attendu tant du côté britannique que du côté de l’union européenne, le premier ministre a démontré un positionnement fort et clair indiquant ouvertement le projet du Royaume Unis de se détacher complètement de l’Union Européenne dans le cas d’un accord jugé non raisonnable. D’une voix sèche et poignante Madame May ne laissait passer aucune once d’hésitation quant au positionnement décidé, indiquant de fait un déroulement difficile – mais surtout tenace du côté britannique – des négociations du Brexit.

Theresa May a affirmé une forte volonté quant à la création d’une Angleterre nouvelle et déterminée, permettant de mettre fin au partenariat « partiel » engagé avec l’union européenne qui laissait jusqu’alors l’Angleterre à moitié dedans comme à moitié dehors. Le premier ministre a insisté sur l’opportunité donnée aux Royaumes Unis de restaurer sa démocratie parlementaire et de mettre en place une « Angleterre Internationale » (Global Britain).

C’est au cours de douze objectifs, que le chef du gouvernement annonce la priorité pour l’Angleterre de recouvrer le plein control sur ses propres lois, désirant une sortie complète de la législation européenne, redonnant ainsi les pleins pouvoir aux entités de justices Britannique Westminster, Edinburg, Cardiff et Belfast.

Concernant l’immigration, c’est sans aucune surprise que le chef du gouvernement déclare une ferme attention de récupérer le contrôle de ses frontières, arguant une « pression trop importante sur les services publics » due au taux élevé d’immigration. Pour ce qui est des droits des citoyens de l’UE en Angleterre, Madame May n’a affirmé aucune position claire déclarant « la garantie des droits pour les citoyens européens vivant en Angleterre, et les droits des britanniques dans les autres pays membres de l’union européenne, aussitôt que possible ». Aucune assurance n’est donc engagée pour le moment.

Après avoir fermement exposé un refus complet d’appartenir au marché unique européen, permettant la libre circulation des personnes, des marchandises, des services et des capitaux – en accord avec la volonté de control de l’immigration – May invoque cependant le désire de pouvoir accéder à ce marché unique par le biais d’un accord de libre-échange construit avec les dirigeants de l’union européenne. Un accord qui pourrait être favorable pour les deux partis et qui ne doit être sous-estimé par le côté européen. En effet, d’après le National Institute of Economic and Social Research, le royaume unis représentais, en 2015, 16% des exportations de l’Union Européenne lorsque le reste des pays membres représentaient 38%. De plus, du côté britannique, cela fait maintenant quatre ans que l’Union Européenne ne compte plus parmi ses principaux partenaires d’exportation. De fait depuis 2012, les exportations du Royaume Unis hors UE sont plus importantes qu’intra UE.

brexit

« Aucun accord pour l’Angleterre vaut mieux qu’un mauvais accord », pourrait ainsi donc faire allusion à la position de force dans laquelle se trouve actuellement l’Angleterre en terme de commerce international vis à vis de l’Union Européenne.

Une intention d’accords de libre-échange est donc aussi en prévision avec d’autres pays que les membres de l’UE, tel que la Chine, le Brésil, l’Inde ou même les Etats Unis. Ce qui pourrait être un atout fort pour le pays, s’inscrivant en conformité à la stratégie internationale exposée par le premier ministre.

May a aussi communiqué une volonté de renforcement et de maintiens de l’unité des Royaume-Unis : “A ce moment précis, il n’y a rien de plus important que d’affronter ce futur ensemble, unis par ce qui nous rend fort […]. J’espère que le même esprit d’unité est partagé par l’Irlande du Nord ». Une unité qui paraît cependant controversée en vue des déclarations de Nicola Sturgeon, Premier Ministre d’Irelande, affirmant une haute probabilité de l’organisation d’un second référendum visant à rester au sein de l’union européenne.

Quel que soit l’accord final décidé entre les différents dirigeants de l’union européenne et le premier ministre britannique, la décision définitive sera soumise au vote du parlement a confirmé Theresa May lors de son discours. Ce qui signifie qu’en théorie, Westminster aurait le pouvoir de paralyser l’accord. Une possibilité évoquée à laquelle May ne répond cependant que brièvement : « Je suis sûre que le Parlement Britannique appliquera la volonté des Anglais et respectera la décision démocratique qui a été prise ».

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s